
METTEUSE EN SCÈNE
Anne Monfort dirige la compagnie day-for-night, créée en 2000 à Paris et installée en Franche-Comté depuis 2007. Elle met en scène de nombreux textes d’auteur·ices de théâtre contemporain, notamment Falk Richter, dont elle est également la traductrice, Sonia Willi et Thibault Fayner. En parallèle, elle signe l’adaptation scénique de plusieurs romans, notamment Perséphone 2014 en 2016, tirée du livre éponyme de Gwenaëlle Aubry et Pas pleurer (2019), d’après Lydie Salvayre. En 2018, elle monte Désobéir – Le monde était dans cet ordre-là quand nous l’avons trouvé, projet d’écriture de plateau à partir des textes de Mathieu Riboulet. En 2022, elle crée Nostalgie 2175 d’après Anja Hilling, qu’elle adapte également en musique-fiction avec la compositrice Núria Giménez Comas. Créé au festival Univers des mots en Guinée avant une tournée internationale, How far (2023) croise la petite et la grande Histoire sur fond de questions mémorielles. Attachée à la transmission, elle intervient régulièrement dans les écoles supérieures du champ théâtral, notamment l’École du Théâtre national de Strasbourg (TNS) et l’École supérieure d’art dramatique de Genève (ESAD).
Polymorphique, son travail se nourrit de matériaux textuels sous toutes leurs formes et d’une attention toute particulière à la narration, alternant entre documentaire et fiction. La dimension visuelle occupe elle aussi une place centrale dans son processus de création : les images scéniques entrent ainsi en dialogue avec le texte selon un processus de montage, permettant de l’éclairer ou de rentrer en contradiction avec lui et rendant ainsi le public actif d’une véritable enquête.

auteur
Voix incontournable de la littérature mondiale, Maryse Condé naît en 1934 en Guadeloupe, où elle grandit avec ses sept frères et sœurs. Arrivée à Paris dans les années 50 pour y suivre des études de Lettres à La Sorbonne, elle y rencontre l’intelligentsia africaine et antillaise et s’intéresse au mouvement littéraire de la négritude à travers le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire et La Rue Case-Nègres de Joseph Zobel.
En pleine période des indépendances et de la décolonisation, elle découvre la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Ghana et le Sénégal, où elle habite et exerce en tant qu’enseignante, avant de se réinstaller à Paris en 1970. Elle travaille alors pour la célèbre maison d’édition Présence africaine tout en rédigeant sa thèse de doctorat sur la littérature des Caraïbes, qu’elle soutient en 1975. En parallèle, elle écrit ses premières pièces de théâtre et devient journaliste pour RFI avant de publier son premier roman, Hérémakhonon, en 1976. Elle publie ensuite Ségou (1984-85), roman historique en deux tomes qui la fait connaître, avant de repartir s’installer en Guadeloupe pour écrire. Autrice alors internationalement reconnue, elle publie des dizaines de livres, dont Moi, Tituba sorcière noire de Salem en 1986. Professeure de littérature dans plusieurs grandes universités américaines, elle fonde le Centre des études françaises et francophones de l’Université de Colombia, qu’elle préside jusqu’au début des années 2000. En 2018, elle reçoit le prix Nobel alternatif de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Atteinte d’une maladie dégénérative, elle s’installe dans le Vaucluse pour y passer ses vieux jours, et s’y éteint le 2 avril 2024.

Emily Jane Brontë est l’une des autrices britanniques les plus célèbres de la littérature anglo-saxonne. Née en 1818 et morte en 1848 de la tuberculose à seulement trente ans, elle passe la majeure partie de sa courte vie au milieu des landes de son Yorkshire natal, entourée de ses sœurs Anne et Charlotte et de son frère Branwell. Passionnée depuis l’enfance par l’idée de créer des mondes imaginaires, la fratrie invente des univers fictifs complexes et écrit ensemble récits de voyages fictionnels, poèmes et nouvelles.
En 1847 paraît son unique roman, Wuthering Heights, en français Les Hauts de Hurlevent, chef d’œuvre romantique mêlant amour passionné, soif irrépressible de vengeance et scènes d’une cruauté psychologique glaçante. Publié sous le pseudonyme masculin d’Ellis Bell et préfacé par sa sœur Charlotte, devenue elle aussi mondialement célèbre avec son roman Jane Eyre, le livre scandalise l’époque victorienne qui l’accuse d’immoralité. Devenu depuis l’un des plus grands classiques de la littérature mondiale, Les Hauts de Hurlevent est traduit dans plusieurs dizaines de langues et connaît une multitude d’adaptations, notamment cinématographiques.

COMÉDIEN
Comédien, metteur en scène et formateur de théâtre, Harry Baltus est le directeur artistique de la Compagnie SAVANN qu’il fonde en 2006. Formé au Centre du Théâtre de L’Air Nouveau dirigé par Luc Saint-Eloi, il se spécialise dans les techniques du Théâtre-Forum avec la Compagnie NAJE. En parallèle, il suit une formation musicale au Conservatoire National de Créteil et au Centre d’Information Musicale (CIM), école de jazz réputée sur la scène parisienne.
Depuis son retour en Guadeloupe, on le retrouve régulièrement dans de nombreux projets mis en scène par lui ou par d’autres metteur·euses en scène et réalisateur·ices, notamment Antoine Léonard-Maestrati, Lucette Salibur, Eliane Kancel, Gilbert Laumord, Wally Fall, Isabelle Kancel, Dimitry Zandronis, Jean-Michel Martial et Jean-Pierre Sturm.

COMÉDIENNE
Judith Henry débute sur les planches dès l’âge de 11 ans. Au théâtre, elle joue sous la direction de nombreux metteurs en scène, parmi lesquels Matthias Langhoff, Bruno Boëglin, Michel Deutsch, André Wilms, Jean-Louis Martinelli, Roger Planchon et Stanislas Nordey.
Au cinéma, elle collabore notamment avec René Allio et Philippe Faucon. En 1990, elle obtient le César du meilleur espoir féminin pour son interprétation du premier rôle féminin Catherine dans le film La Discrète de Christian Vincent. Elle tourne également avec Claude Berri dans Germinal (1993), Manuel Poirier dans À la campagne (1995) et Pierre Salvadori dans son film Les Apprentis (1995). Elle apparaît également au générique de la saison 5 du Bureau des Légendes, série réalisée par Éric Rochant. En 2022, elle joue dans Nostalgie 2175 mis en scène par Anne Monfort, et toutes deux collaborent depuis sur différentes lectures et projets.

©René Jeanpierre
COMÉDIENNE
Formée au Cours Balachova à Paris au début des années 80, Isabelle Kancel n’a cessé de perfectionner son art à travers divers ateliers, notamment ceux de l’Espace Acteur, ou au sein des cours Blanche Salant. Elle découvre sa force comique lors d’un passage au Petit Théâtre de Boulevard, et se familiarise alors avec le café-théâtre. De ces expériences suivront le duo Les Nanana’z et le One Woman show Je m’sens soutenue ça fait peur…
Rompue aux monologues, elle interprète les textes d’Ina Césaire, Maryse Condé et Simon Schwarz-Bart. Elle joue également pour le cinéma et la télévision, notamment dans les séries Platane sur Canal+, Baie des flamboyants diffusée sur RFO et Une femme d’Honneur sur TF1. Directrice artistique de la Compagnie Ce Que Jeu Veut, elle en assure toutes les mises en scène depuis la première création en 2000 : elle monte notamment Un air de famille, de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, Les Amazones de Jean-Marie Chevret et Jeux de scène de Victor Haïm. Sa dernière création est l’adaptation du roman de Raphaël Confiant Madame St-Clair, Reine de Harlem, qu’elle joue seule en scène depuis plusieurs années.

COMÉDIENNE
Après avoir été lauréate du concours StArt’ – Catégorie Art dramatique, Concours artistique en Guadeloupe, Coralie Méride se forme à l’École Supérieure d’Art Dramatique (ESAD) de Paris. Elle participe à plusieurs projets théâtraux, dont Mimesis, écrit et mis en scène par Jean-Pierre Dumas en 2017 ; Vagabondages (2016), mis en scène par Lucas Gonzales ; Oroonoko le prince esclave, créé en 2019 par Aline César, et tourne dans de nombreux courts-métrages.
Elle s’implique également dans de nombreux laboratoires de recherche, notamment le Festival Convergence plateau, conçu par Hakim Bah au Centquatre – Paris, le Laboratoire de recherche « Théâtre de Ivan Viripaev », dirigé par Cédric Orain à la Comédie de Reims et le Laboratoire de recherche professionnel « Théâtre de Sénèque », dirigé par David Clavel à la Comédie de Reims.

COMÉDIEN
Né en 1995 d’une mère suisse et d’un père sénégalais, Djemi Pittet Sané rejoint le Conservatoire de Fribourg durant deux ans avant d’intégrer l’École Supérieure de Théâtre des Teintureries, dont il sort diplômé en 2022. Lors du premier confinement, et en réaction aux événements Black Lives Matter, il se documente et réfléchit à la manière de mêler le théâtre et l’activisme. Il fonde alors la Compagnie Ajamat, avec pour objectif de donner la voix aux acteur·ices racisé·es et de conter de nouvelles histoires. En 2022, sa première création, un seul-en-scène intitulé Le père noël existe-t-il vraiment ?, est un montage de textes traitant des préjugés racistes. Suivra La malédiction de Cham, seconde mise en scène en 2024 dans le cadre des Quarts d’Heure de Sévelin, spectacle de danse s’intéressant à la représentation des corps non-blancs dans le milieu culturel.
Outre ses créations personnelles, il intègre l’ensemble du POCHE sous la direction de Mathieu Bertholet pour la saison 2022-23, où il travaille avec Bastien Semenzatto et Céline Nidegger, Anne Bisang et Selma Alaoui. Il collabore également avec Valentine Sergo sur le spectacle Cœur Battant (2023) et avec Christophe Burgess dans Les Enfants du Rhône (2025), spectacle immersif et participatif joué au Théâtre des Halles – Sierre et aux Scènes du Grütli. Il travaille actuellement sur l’écriture de son prochain spectacle, L’Odyssé (titre provisoire), un récit familial centré sur l’histoire de son père et sur son retour au pays 40 ans plus tard.